"Je suis plus serein"
"Sur l'usine dont je dépendais, celle de Montauban de Bretagne, 97% des producteurs vont adhérer à Sodiaal", chiffre le jeune producteur, plutôt soulagé que le feuilleton Entremont trouve une fin. "Savoir que son lait va être collecté, payé selon les critères interprofessionnels, c'est rassurant". Pour le 1er trimestre, les éleveurs toucheront le prix interprofessionnel moins 4 euros de flexibilité, contre - 9 euros quand ils dépendaient d'Entremont. Autre point positif pour les éleveurs, tous ceux qui le voulaient ont pu rejoindre Sodiaal. "Il n'y a pas eu de producteurs laissés pour compte, souligne Olivier Auffray. Pour nous, il était primordial que tous les éleveurs trouvent une solution".
Membre de l'Association des éleveurs bretons apporteurs à Entremont-Alliance, Olivier Auffray a suivi de près les négociations. "Cela a été long, mais le bilan est plutôt positif. Aujourd'hui, nous sommes plus sereins. Nous allons travailler avec une laiterie, dont le lait est le métier. Et non plus un financier, apprécie l'éleveur. En entrant dans une coopérative, nous aurons notre mot à dire, nous participerons à la stratégie, aux décisions". Pour être représentés, les éleveurs bretons vont constituer deux coopératives de base, l'une pour l'Est, l'autre pour l'Ouest de la Bretagne. Chacune élira une vingtaine de conseillers, qui enverront trois administrateurs siéger au conseil national de Sodiaal.
En choisissant de rejoindre la coopérative Sodiaal, les producteurs s'engagent aussi à souscrire des parts sociales, à hauteur de 6,20 euros/1 000 litres. "Cet apport va pouvoir être fait sur 5 ans, avec un prélèvement sur chaque paie de lait", explique Olivier Auffray. Comme pour toute acquisition de parts sociales, cette somme pourra être déduite fiscalement, au titre des investissements.
Reste que les éleveurs auront laissé des plumes dans la fin d'Entremont. Des plumes morales, avec les craintes face à l'incertitude de leur avenir, des plumes financières aussi. "Il reste toujours une partie de la paie d'octobre 2008 et le décrochage de 2009 qui n'ont pas été entièrement rattrapés, mais ne nous faisons pas d'illusions, prévient Olivier Auffray. C'est un rachat d'entreprises, les producteurs n'ont jamais été inclus dans le processus de négociations. Maintenant, la page est tournée et il faut aller de l'avant dans notre nouvelle coopérative".
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